Journal de deuil
Roland Barthes · 2009
L'auteur a commencé ces fiches datées le lendemain de la mort de sa mère, en 1977. Certaines ne contiennent qu'une seule ligne. On peut les lire dans n'importe quel ordre.
Vous n'avez pas la tête à lire, et c'est normal. Entre l'appartement à vider, la banque, les papiers dont personne ne vous avait parlé et les coups de fil de gens qui l'ont connue avant vous et qui pleurent plus fort que vous au téléphone, un livre semble presque indécent. C'est comme s'asseoir alors que les autres portent les cartons.
Laissez ce sentiment venir. Ces trois ouvrages ne vous rendront rien et ne vous donneront aucun mode d'emploi. Ils sont courts. Leurs auteurs avaient, eux aussi, d'autres urgences, mais ils ont écrit malgré tout, l'un d'eux sur des fiches. Ne les ouvrez pas maintenant. Attendez le soir où les cartons seront bouclés et où le téléphone cessera de sonner.
Roland Barthes · 2009
L'auteur a commencé ces fiches datées le lendemain de la mort de sa mère, en 1977. Certaines ne contiennent qu'une seule ligne. On peut les lire dans n'importe quel ordre.
Simone de Beauvoir · 1964
Le récit suit les dernières semaines de la mère de Beauvoir. Après une chute, elle est entrée en clinique où l'on découvre un cancer que personne ne nommera devant elle, et Simone et sa sœur Hélène, surnommée Poupette par la famille, se relaient pour dormir à son chevet. Une nuit de cauchemars, c'est Poupette qui lui garde la main sur le front. Beauvoir décrit le corps avec une précision brutale, tout en montrant une douceur inattendue envers cette femme qu'elle avait passé sa vie à contredire. Le titre vient des mots d'une infirmière.
Albert Cohen · 1954
Albert Cohen a écrit cet ouvrage après le décès de sa mère, survenu à Marseille en 1943, alors qu'il était réfugié à Londres et n'a pas pu la revoir. C'est le livre d'un fils excessif, plein des reproches qu'il se fait à lui-même et de petites scènes cruelles. Il évoque le jour où il a eu honte d'elle, la trouvant grosse et pataude, ou ces départs où elle repartait en pleurant vers Marseille et où il n'avait qu'une hâte, qu'elle parte, parce qu'une femme l'attendait. Il y a des pages qu'on trouvera de trop. Cohen le sait, mais il écrit contre toute mesure. Vous pourriez le lire en dernier, quand vous aurez la force d'entendre tout ce qu'un fils n'a pas dit à temps et qu'il livre ici sans pudeur.